Intro
Par où je commence
Par où je finis
Comment m'exprimer sur un sujet si riche
Comment je résume 30 ans de vie
En un seul texte, même pas un seul livre
Même pas J.R. Tolkien, même pas J.K. Rowling
Il me faudrait environ 18 jours et 18 nuits
Pour ne serait-ce qu'effleurer
La surface de nos existences parsemées
D'embûche, avoir une petite ébauche
Donc par où commencer
Par nos premiers sourires ?
Par notre premier soupir ?
La première bouffée d'air partagée
La première larme, la première discussion engagée
Ou peut-être notre première dispute enragée
Notre premier voyage
Ou le premier mariage
Mon premier neveu
Ou ma première nièce
Le premier Fifa nerveux
Les premiers signes de vieillesse
La première peine d'amour
Le premier cri au secours
Le premier je t'aime
Ah non je ne l'ai pas encore dit
Ça a du mal à le sortir comme un salam à Jérusalem
En tout cas, ça se fera en plusieurs parties
Sur un ton de récit, un ton de nostalgie
Il faut que je commence par le début
Qu'ils comprennent pourquoi je trébuche
Qu'ils contiennent mes espoirs de tribu
Oui, allez je commencerai par le début
Qu'ils devinent ma dévotion divine
Avant le néant, avant le vide
Part 1
Tu commenceras ta vie
Dans l'néant et dans le vide
Tu penseras être entouré
Une famille grande comme un Touré
Dans les tours du quartier
Tu déambules à moitié entier
Mais le béton et l'humanité
Seront juste assez pour espérer
Cependant, très vite tu te rendras compte
Que la seule personne à qui tu te racontes
C'est toi et puis personne d'autre
C'est pour ça que tu rêves de maisons d'hôtes
Tu ressembles à l'enfant renard
Et très vide est ton regard
Pour t'aider, pas d'Iruka
Pas de Sensei, pas de Jiraiya
Tu feras ton bout d'chemin
En pensant au lendemain
Jusqu'à qu'un jour on te démontre
Qu'une seule de ces rencontres
Pourrait changer toute la donne
Tout à coup tu te questionnes
Mais ce n'est que le début
Tu n'as encore rien vécu
Petit homme deviendra grand
Mais l'enfant avance Tremblant
Comme un Mont du Québec
Comme un membre des Xebec
Tu cherches ton équipage
Pour te sauver du naufrage
Tu cherches tes petites pierres
Pour te ramener sur Terre
Tu veux construire tes grandes Montagnes
S'inspirer du grand Montaigne
Tu veux s'essayer dans ses conseils
Ses citations existentielles
La mort est bien le bout, et non pourtant le but
Donc il s'accroche à vous, il cherche sa tribu
Soudainement une pensée traverse ta trachée
Et il entend Kery chanter
D'où tu viens, réellement, peu de gens s'aiment
C'est sûrement pour cla que, beaucoup de gens saignent
L'amour véritable, peu de gens l'sèment
Très peu d'gens l'savent, car très peu d'gens l'enseignent
Part 2
Et puis, les premiers viennent
Tu t'empresses de les voir
Des envies d'approbation surviennent
Mais ne proviennent pas du miroir
Tu patauges mais tu avances
Tu recules dans ta croissance
Tout cela c'est des leçons
C'est vers toi que nous les lançons
Mais trop subtiles pour ta compréhension
Et tu as bien trop de prétention
Pour ton bien, ton avancement
C'est pas grave car ces agencements
Te feront souffrir
Te feront languir
Mais te feront mûrir
Et te prépareront
Pour la prochaine saison
Tu entres maintenant dans une autre décennie
Et c'est à ce moment là que te te dis
J'ai la vingtaine et les amis ça compte
Ni père ni frère ni sœur y'a qu'à mes amis qu'j'me raconte
Je fais le choix aujourd'hui
De faire entrer ces fous dans ma famille
De manière consciente
De manière réfléchie
De manière confiante
De manière défini
Tu commences à comprendre Cicéron
Quand au son du clairon
Il déclarait dans les rues romaines
L'amitié multiplie les joies et divise les peines
Il exerce la Foi et rend ta mémoire pleine
Donc il s'accroche à vous, il cherche sa tribu
Soudainement une pensée traverse sa trachée
Et il entend Melanie chanter
D'où tu viens, réellement, peu de gens s'aiment
C'est sûrement pour cla que, beaucoup de gens saignent
L'amour véritable, peu de gens l'sèment
Très peu d'gens l'savent, car très peu d'gens l'enseignent
Part 3
L'abandon et le rejet te tiraillent
Ils te tirent dessus, te mitraillent
Malgré cela, tu t'entoures d'humain en or
Plus précieux que n'importe quel trésor
Tu commences à avoir un petit village
Mais terrorisé à l'idée de prendre un mauvais virage
Ça ne se lit que très peu sur ton visage
Disons juste que les rides sur ton front ne sont pas dû à ton vieil âge
Tu es assailli de question
Tu es assailli de doutes
Est-ce censé être facile
Est-ce censé être la route
Dois-je être toi-même
Dois-je jouer le double
Tu persistes et perçois
La magie d'être soi
Tes fautes sont pardonnées
Tes péchés sont oubliés
On continue de t'aimer
De t'entendre et t'écouter
Comme Joe Yabuki
Une immense joie t'envahit
Lors des moments simples de la vie
Comme un weekend chez Serigne
Avec tes frangins, tes frangines
Un barbecue avec et sans viande
Une escapade sur les terres allemandes
Un coucher de soleil à Moroni
Du vélo dans les quartiers de NYC
Comme un basket un jour chaud d'été
Un sparring dans le parc de l'herbe peuplé
L'annonce d'une nièce nouvelle née
Une union malgache un 4 juillet
Des aventures dans les calanques phocéennes
De la délinquance en période lycéenne
Des retraites dans le Loire
Aux retraites bretonnes
Ta sacré famille sous la Sagrada à Barcelone
Puis tu te rappelles et réfléchis
Aux belles paroles de Zhuang Zi
L'amitié véritable ne se voit pas dans ce qui est partagé, mais dans ce qui demeure même lorsque rien n'est échangé
C'est pour ça qu'il s'accroche à vous, qu'il cherche sa tribu
Soudainement une pensée traverse sa trachée
Et il entend Disiz chanter
D'où tu viens, réellement, peu de gens s'aiment
C'est sûrement pour cla que, beaucoup de gens saignent
L'amour véritable, peu de gens l'sèment
Très peu d'gens l'savent, car très peu d'gens l'enseignent
Conclusion
Enfin, un jour tout change
Tu chantes maintenant d'autres louanges
Même si la peur est toujours présente
Et que ton âme est toujours méfiante
Tu prends plus de risques
T'écoutes plus de disques
Tu relativises
Au moins t'improvises
Tu ne fuis plus l'inconnu
Maintenant les risques tu les connais
C'est du courage à l'état pur
C'est dans tes tripes que tu vas taper
Mes amis, sachez que l'amitié naît sans raison et avance sans horizon
Mes amis, sachez que ce texte est en fait une oraison
À nos épopées pandoriennes
Même si on ne se contente d'un rien
De votre bateau, je serai le capitaine
Et vous serez les capitaines du mien
À notre vingtaine, notre trentaine
Aux nouveaux et aux anciens
Je me tarde de nos virées babyloniennes
De nos récits phéniciens
De nos péripéties méditerranéennes
Sous un soleil californien
Et au contraire de la ville tunisienne
Nous ne tomberons point
Nos relations seront pérennes
Et nous préserverons nos liens