Confession d'un ĂȘtre en conflit


Part 1

Ce soir je viens me livrer
Pas de menottes aux mains ni aux pieds
Non, ce soir je vous laisse me lire, peut-ĂȘtre, qui sait, partir en vrille
Surpris par les débris de mon esprit brisé
Mais pas d'inquiétude, il se peut que cela se finira en rire,
Et que grĂące Ă  votre aide je finirai par briller.

Il m'a dit ce soir « Saïd, tu ne pars pas en confession mais en thérapie »
Et tu n'es ni Usher, ni Vitaa, ni Mélanie, donc fais en sorte que ce ne soit pas à propos de tromperie ou d'une jolie fille.
Il faut que ce soit plus profond, plus brut, il faut que l'on sente que ça te touche, que ça te percute.
Alors j'ai réfléchi.
J'ai réfléchi au sens de la vie, au sens de la mort, au sens de l'amour, au sens de l'aurore.
Mais j'ai aussi réfléchi au sens de l'horreur, au sens des tumeurs.
Au sens de l'honneur, au sens du tueur.

Part 2

Ce qui est sûr, c'est que je suis en conflit.
En conflit contre le monde, car...
Il m'a nourri d attentes, et d'espoir.
Il m'a rempli la tĂȘte de rĂȘves hollywoodiens.
Ma convaincu que l'on devait avoir toute foi en nos politiciens.
Que ces derniers agissaient uniquement dans l'intĂ©rĂȘt du bien commun.
Mais comment dire ça aux enfants de Gaza, aux enfants du Soudan ?
À l'estropiĂ©, aux massacrĂ©s, aux survivants ?
Comment leur dire que tout ça, c'est pour 2-3 gouttes de gaz ?
Et que nous sommes posés avec un coca devant 2-3 notes de jazz.

En conflit contre nos communautés parce que
Leurs intentions sont pures mais leurs actions lĂąches.
Ils prĂŽnent la justice, les valeureux,
Mais s'enfuient dĂšs que la tĂąche ..
Devient ardue, devient coriace.
Qui s'empressent de dire que l'enfer c'est les autres, ce n'est pas eux, c'est les autres.
Qui s'empĂȘchent de lire Sartre, Noir DĂ©sir ou les livres des ApĂŽtres.
Qui veulent changer le monde mais ne prennent pas la peine de changer eux-mĂȘmes, de changer leurs frĂšres.
Qui passent plus de temps à ghoster, bloquer les gens qu'à écouter ceux qui ont souffert.

Mais avant tout, je suis en conflit contre moi-mĂȘme.
Le meilleur des faibles et le pire des spécimen.
Je suis né et me proclame idéaliste.
Je prĂ©tends ĂȘtre alignĂ© avec MLK et Malcom X.
Je pense croquer la vie à pleines dents et m'épanouir sous sa splendeur,
Apprécier le coucher de soleil et la pesanteur.
Je dis ĂȘtre le plus grand des amoureux de l'Amour,
Que pour lui je serais prĂȘt Ă  tout, Ă  faire preuve de bravoure.
Que D'Angelo et Tyrese,
Snoh et Alicia Keys,
Jill Scott et Kali Uchis
Me donnent envie d'ĂȘtre Ă©pris de romantisme.
De m'envoler vers d'horizons lointains,
De prendre ma femme, de prendre sa main,
De l'épouser pour une infinie de lendemain.

Part 3

Mais la vérité c'est que
Il y a longtemps que je ne crois plus en la vie,
Que mes espoirs humanitaires ont été détruits,
Que je me sens si Ă©loignĂ© du rĂȘve de Luther King,
Que je m'approche bien plus de la noirceur de Anakin,
Que le soleil n'est qu'une étoile vouée à disparaßtre,
Comme l'indépendance de l'Inde face à Elisabeth.
Il y a bien longtemps que, comme Diam's,
J'ai dit bonjour Ă  l'amour et qu'il m'a dit ce n'est pas votre tour, veuillez passer Ă  un autre jour.
Comme Ken, j'étais de ceux qui l'idéalisaient.
Idéalement c'est sous un saxo, et une lumiÚre tamisée,
Que mes yeux secs, se cristalliseraient.
Que mon corps serait soudainement paralysé.
Mais maintenant mon regard est vide et terne,
C'est sans engouement que je me prosterne.

Il m'a dit, que c'était une thérapie.
Mais j'en ai fait une confession.
Confessions d'un ĂȘtre en conflit.
Il m'a dit :

Part 4

Que crois-tu que j'essaie de faire ?
C'est dans l'adversité que mes racines se forgÚrent.
La sangle abdominale d'un chĂȘne millĂ©naire,
Le sang philosophale d'un frÚre de métal de pierre.
J'ai compris que l'humain est au centre de tout,
Que l'amour romantique peut ĂȘtre le plus vil des mots doux,
Mais que l'Amour avec un grand A, est celui pour lequel tu te dévoues,
Corps et ñme, cƓur et flamme.
C'est pour lui que tu déclames,
Que tu déclares forfait ou que tu déclares la guerre,
Que tu traverses les océans, que tu traverses la Terre.
J'ai compris que ta mission était plus importante que ton bonheur,
Que les rĂȘves insufflĂ©s n'Ă©taient que des subterfuges, des affabulateurs.
C'est comme ça que je me lÚve,
Que ma lumiÚre irradie mes proches et mes aimés,
Que ma noirceur est censurĂ©e, mĂȘme scellĂ©e.

Je me confie en vous faisant confiance.
En vous conférant certaines clés de ma conscience.
Je me conforte dans cette confidence,
En espĂ©rant que mon honnĂȘtetĂ© compense
Mon manque de tact, mes consternations.
Je continuerai à croire en l'humanité, en nos communautés, je continuerai les prosternations.
Je vous confie que j'ai la Foi, et c'est pourquoi je ne concĂšderai devant quoi que ce soit avant d'atteindre ma destination