L'être et le maître


Part 1

Hier, son père est mort
Peau devenue poussière mais pauvre en pleurs
L'horloge réparée est enfin venue résonner son heure
Et de quelle grâce n'a t'il pas été envahi ?
De quel bonheur n'a t'il pas été empli ?
À ce moment-là, il souhaita l'empathie
À tous ses proches, ses connaissances
Car une telle joie se devait d'être effervescente
Elle méritait les rythmes de Mexico et de Cuba
D'amapiano et de rumba
Car oui, hier, son père est mort
Car oui, hier, son être est mort
Cet être entravé par les tourments et les retors
Brimé et brisé sous les bourrasques de son géniteur
Lui, censé être son protecteur
Lui, censé être garant de son intégrité physique et mentale
Un sourire doux, des mains délicates et pourtant si brutales
Elles sont venues écraser le peu de vitalité qui lui restait
Le peu de Vitamine D, qui se manifestait
Aucun nuage ondoyant, aucun vent ondulant
N'avait réussi à réanimer sa hargne
Jusqu'à cque, l'ange à la faucille
Ne vienne raviver sa flamme
Elle chancèle, elle vacille
Mais désormais, elle ne s'éteint plus, elle scintille

Part 2

Comment peux-tu te réjouir de la mort de ton sang s'étonne-t-il
Comment peux-tu chanter la perte du futur absent s'exclame-t-il
N'est-ce pas là, folie humaine à découvert ?
N'est-ce pas là, furie soudaine si rancunière ?
Quel genre d'être humain est si immoral
Si abject, si déplorable
Mais
Et si, ce sang n'était qu'une excuse justifiant
Les pires atrocités, les pires actes
Et si le futur absent n'était que le futur brillant
Comme si Bush n'était pas allé en Irak
Et si la folie venait de celui qui traça ses commotions
Les a peintes à l'encre indélébile
Et si la furie n'était qu'un enfant en collision
Dont la vie est menacée, en péril
Et si l'être immoral était celui qui condamnait son fils
À une sentence infinie
Ne lui montrant que la colère et les couleurs de l'injustice
Comme Benito en Italie
Que diriez-vous de vivre dans cette maison
Dévoré par la solitude et la rage
Où le gouvernant a en sa possession
Toutes les clés de votre cage
Ne chercheriez-vous pas la libération
Et ce quel qu'en soit le prix
À bat donc votre fausse moral, votre fausse raison
Qui absous les péchés du vil, du mal appris
Il ne s'est jamais senti concerné par les lois mondaines
Libre de ses faits et gestes, il est une vraie gangrène
Et pourtant la liberté de chacun s'arrête où celle d'autrui commence
L'indigent se fait donc marteler sous cette impuissance

Part 3

Alors comment faire ?
Comment faire quand l'adversité est si forte, si impétueuse
Comment veux-tu que je t'exhorte à te mettre dans une situation si dangereuse
Par où commence-t-on
Par où fini-t-on
J'espère que vous ne vous attendez pas à une solution de ma part
Je ne suis pas si vaniteux, juste un peu bavard
Mais je peux tenter de m'inspirer de nos prédécesseurs et de nos contemporains
À l'esprit aiguisé, au mordant transsibérien
Et pour ce faire, il vous faudra un peu d'imagination
Imaginez que le fils soit le peuple et le père la nation
Imaginez que le fils soit l'Algérie et le père la France
Que le fils soit un garçon gentil au sang un peu chaud à la forte glycémie
Que le père soit un méchant tyran au regard froid, au coeur intolerant
Que le fils soit la Palestine et le père les États Unis
Que le fils soit un garçon au coeur pur dotée d'une magnifique culture
Que le père soit un avide monsieur au comportement monstrueux
Mais
Le fils pourrait devenir Mandela et de l'appartheid, libérer tous ses pairs
Il pourrait devenir Ben Alla et mettre fin à la guerre
Il pourrait être Coretta Scott et faire front aux US
Il pourrait être Abba Kovner et traquer les nazis et ses SS
Il pourrait être José Rizal et être un des pionniers de l'indépendance Philippine
Il pourrait être Aruna Ali et apporter à l'Inde une vraie héroïne
Il pourrait être Bisan et se rendre symbole d'espoir
Il pourrait être Sankara et du courage, devenir l'étendard

Part 4

Mais pour en arriver là, certaines indications pourraient être administrées
Sans prétention, juste une invitation, sans toutefois l'admonester
Et pour commencer
Il devra comprendre que le principal combat est contre lui-même
Que ses opposants ne sont que des distractions
Qui emploieront ruse et stratagème
Pour l'éloigner de sa mission
Il devra comprendre qu'il est son meilleur ami, mais également son pire ennemi
Car personne ne l'empêchera d'atteindre la grandeur si ce n'est son mental asservi
Au service des passions, des désirs, des luxures
Ne le menant que vers les bas-fonds, les délires, les ruptures
Louis Farrakhan disait
Nous devons reconnaître que des principes plus qu'un discours, un caractère plus qu'une revendication, sont plus importants pour faire avancer la cause de notre libération
Le premier travail sera donc sur sa personne
Éducation, conditionnement, il faudra qu'il se questionne
Émotion, dysfonctionnement, il faudra qu'il se perfectionne
Peut-être tout déconstruire, pour poser de nouvelles bases
Il aura beau aimer ses parents
Eux-mêmes ont leur propre bagage
Leur propre emprisonnement, leur propre limite
Prends le bon, débarrasse toi du néfaste, de l'illicite
Agis avec bonté et discipline
N'oublie pas qu'ils étaient trop obnubilés par ta survie
Pour prendre le temps de lire l'alchimiste
Pense à tout leur sacrifice, leurs envies inassouvies
Avant de faire le grand psychanalyste

Part 5

Une fois cela atteint, planifie et exécute
N'aie en tête que la labeur et la rectitude
Il faut maintenant te concentrer
Que tu prennes les vices de ce monde, et que tu les mettes de côté
Constitue toi un entourage, un environnement sur lequel tu peux compter
Aux mêmes valeurs, aux mêmes principes,
Pas de plaintif ou d'indigne
Qui à la moindre difficulté se résigne
Mais des vaillants et des braves
Qui devant l'adversité, s'élève au-dessus des barrages
Qui dans les tracas, t'encourage
Pas besoin qu'ils soient parfaits
Tu ne l'es pas toi-même
Juste qu'ils soient humains
Rempli d'amour, et non de haine
Et même dans la déception relationnelle,
Garde mon ami, un coeur solide
Comme le disait Marc Aurèle
Le sage est celui qui en son sein, a son serein qui prédomine

Part 6

Tes appuis sont désormais stables
Il est temps de rendre ce que l'on t'a donné
Prends tout ton savoir, tout tes acquis
Et mets les au service de la communauté
Même au sommet, tu devras apporter ton support
À ceux qui n'atteignent pas la satiété
Juste une oreille, juste une épaule
Juste un poème, juste une arôme
Sois la paix de quelqu'un dans ce triste royaume
Mais que ton romantisme ne te fasse pas perdre de vue
L'importance de la lutte continue
Car elle est avant toute chose, économique
Prends exemple sur la communauté asiatique
Fierté, honneur et travail
C'est ici que se trouve la vraie bataille
Malgré le préjudice racial
Tu devras faire front à la guerre
Même si ce ne sont pas les tiennes
Qu'importe qu'il s'agisse De Gaulle, Staline ou Hitler
Fais en sorte que l'on se souvienne
Du Québec au Qatar
Du Cameroun à Kandahar
Isolé ou en légion
Malgré la discorde et la dissension
Que ton chemin soit leur déclin
Aux détracteurs destructeurs d'éclat de faction
Comprenez que de notre combat, nous serons les acteurs
Les facteurs principaux de notre libération